Un Savoir-Faire, Sept Métiers d'Exception
Porter un chapeau, c'est arborer le fruit d'une collaboration invisible entre des artisans passionnés. De la sculpture du bois à la délicatesse d'une plume, la Fédération Française des Artisans du Chapeau vous invite à découvrir les visages et les gestes qui façonnent l'élégance française.
"L'architecte de la forme et de la matière"
Le chapelier est l'artisan qui donne vie à la matière brute. Spécialiste du volume et de la structure, il travaille principalement le feutre (poil de lapin, de castor ou laine) et la paille. Son art réside dans la capacité à transformer une "cloche" ou un "capeline" informe en un objet structuré, durable et élégant : c'est à dire un chapeau.
L'histoire du chapelier est celle d'une transition entre la corporation médiévale et l'industrie de luxe.
Un métier de force et de finesse. Il faut de la vigueur pour travailler le feutre chaud, de la patience pour le séchage, et un œil expert pour l'équilibre des lignes.
"La sculptrice de l'élégance et du détail"
La modiste est la spécialiste de l'ornement et du travail de volume dans l'espace. Si elle peut créer la base de ses pièces, son expertise se concentre sur la création de modèles uniques, souvent sur mesure, destinés à la parure féminine. Elle travaille des matériaux légers et précieux : sisal, buntal, soie, velours, plumes et fleurs artificielles.
La modiste naît de la distinction entre la confection d'un vêtement et son "ornementation".
Sens de l'esthétique, dextérité manuelle extrême et grande capacité d'écoute. La modiste doit savoir interpréter les désirs de ses clientes pour créer une pièce qui révèle leur personnalité.
Aujourd'hui, la frontière est devenue poreuse. On utilise souvent le terme "Modiste-Chapelier" pour désigner l'artisan qui maîtrise les deux aspects : le moulage de la forme et la délicatesse des finitions. Le chapeau n'étant plus obligatoire au quotidien depuis les années 1960, ces métiers se sont déplacés vers le secteur du luxe, du sur-mesure, du spectacle et de la haute couture.
"Le sculpteur du volume"
Le formier est l'artisan d'art qui sculpte dans le bois les moules (les "formes") indispensables à la fabrication des chapeaux. Véritable ingénieur du volume, il interprète les dessins des créateurs pour les transformer en objets tridimensionnels. C'est un métier à la frontière de la sculpture, de l'ébénisterie et de la mode. Le formier est le premier maillon de la chaîne.
Le destin du formier a toujours suivi celui des modes capillaires et vestimentaires.
Une vision spatiale hors du commun. Le formier doit imaginer l'objet "à l'envers" et anticiper les contraintes techniques du moulage. La précision se joue au millimètre.
"Le créateur des ossatures de chapeau"
Le carcassier est l'artisan spécialisé dans la conception et la fabrication de l'armature interne des chapeaux rigides. Son travail consiste à créer une structure (la carcasse) légère mais indéformable, qui sera ensuite recouverte de tissu par la modiste ou le chapelier. C'est un métier de précision géométrique où la solidité ne doit jamais sacrifier la légèreté.
L'histoire du carcassier est indissociable de l'évolution de l'élégance formelle.
Une rigueur de bâtisseur. Le carcassier doit avoir une compréhension parfaite des volumes et des équilibres. C'est un métier qui demande de la force pour le travail à chaud et une grande minutie pour les assemblages.
"Le spécialiste de la transformation de la fibre"
Le feutrier de chapellerie est l'artisan spécialisé dans la fabrication des "cloches" et "capelines" (les formes de base non encore moulées). Son art repose sur l'utilisation des propriétés physiques des fibres animales (poil de lapin, de castor ou laine) qui, sous l'action combinée de l'humidité, de la chaleur et du mouvement, s'enchevêtrent de manière irréversible pour former le feutre.
Le feutre n'est pas tissé ; il est le résultat d'une transformation alchimique du poil animal. Son histoire se confond avec celle de l'humanité.
Un métier qui demande de la patience et une grande résistance physique (travail dans la chaleur et l'humidité). Le feutrier doit avoir un toucher extrêmement exercé pour juger de la densité du feutre.
"Le créateur de la nature éternelle"
Le fleuriste de mode (ou fabricant de fleurs artificielles) est l'artisan qui transforme des étoffes plates en fleurs d'un réalisme saisissant ou d'une fantaisie onirique. Contrairement au fleuriste de boutique, il travaille la soie, le velours, l'organdi et le cuir pour créer des parures destinées à la chapellerie et à la haute couture.
Une patience de botaniste et un œil de coloriste. Ce métier demande une observation minutieuse de la nature pour en reproduire la délicatesse.
"Travail de la légèreté de la plume"
Le plumassier est l'artisan d'art spécialisé dans le traitement et la transformation des plumes d'oiseaux pour la parure. Entre technicité rigoureuse et poésie visuelle, il prépare la plume brute pour la transformer en accessoires, en ornements de chapeaux ou en pièces de haute couture.
Le métier de plumassier est intimement lié à l'apparat militaire puis à la haute mode féminine.
Un métier de patience absolue. La plume est une matière vivante et fragile. Le plumassier doit posséder une grande sensibilité aux couleurs et une dextérité hors pair.