Bicorne
Chapeau à deux pointes relevées dérivé du tricorne, emblème militaire et cérémoniel porté depuis le XVIIIe siècle.
Définition
Le bicorne (du latin bicornis, « à deux cornes ») est un chapeau à deux pointes relevées, dérivé du tricorne. On le retrouve sous les noms de zweispitz en allemand, cocked-hat en anglais, bicornio en espagnol, bicorno en italien et steek en néerlandais. Aussi appelé « chapeau claque », il acquiert son identité propre au XVIIIe siècle. Porté d'abord « en bataille » (les pointes sur les côtés), il évolue progressivement vers le port « en colonne » (les pointes devant et derrière). Le bicorne se compose d'une calotte et de deux bords relevés ou « ailes » dont les dimensions varient considérablement selon les époques : sous le Directoire et l'Empire, elles atteignent des proportions impressionnantes, formant le « demi-claque ». Il prend sa forme moderne sous Napoléon III, qui l'attribue à tous les corps de l'État dotés d'un costume officiel. Progressivement abandonné vers 1880 en France, il subsiste néanmoins pour les gendarmes, les officiers généraux, les préfets, les ambassadeurs, les membres de l'Institut et de l'Académie française, les polytechniciens, le Cadre noir de Saumur, ainsi que pour divers usages cérémoniels (huissiers, pompes funèbres, suisses d'église). Au-delà de la France, le Royaume-Uni, le Canada, les pays scandinaves et certains pays d'Afrique l'ont conservé pour les grandes occasions. Sa forme très variable selon les pays se combinait avec de nombreux ornements : cocardes, ganses, rubans de moire, passementeries, plumes et plumets. En Italie, il reste associé à la silhouette traditionnelle des carabiniers, tandis qu'en Espagne, la guardia civil arbore un bicornio très plat. Dans la mode féminine, le bicorne connaît un succès plus discret. Au début du XXe siècle, il offre une alternative intéressante au chapeau de théâtre, jugé trop volumineux. Les modistes en confectionnent alors des versions précieuses en tulle brodé d'or et de chenille, baptisées Polichinelle, Arlequin ou Napoléon. Vers 1920, le bicorne féminin retrouve une certaine faveur grâce à sa silhouette en largeur, accordée au goût de l'époque.
Source : ENCYCLOPÉDIE Du couvre-chef - BOLOMIER